Toilettage du chien : le guide selon le type de pelage

Le toilettage du chien regroupe l'entretien du pelage de l'animal, des griffes, des oreilles et des yeux. Ce n'est pas qu'une question d'esthétique : un pelage négligé s'emmêle, retient l'humidité et favorise les irritations de peau.

En résumé

  • Le toilettage couvre l'entretien du pelage, des griffes, des oreilles et des yeux : ce n'est pas qu'une question d'esthétique.
  • Un pelage négligé s'emmêle jusqu'au feutrage, qui tire sur la peau et provoque des lésions difficiles à traiter.
  • La fréquence dépend du type de poil : un poil dur se démêle chaque semaine, un poil ras se contente d'un brossage occasionnel.

La fréquence et la technique dépendent entièrement du type de poil, et c'est là que se jouent les erreurs. Ce guide détaille le rythme d'entretien selon le type de pelage et la race de l'animal, le brossage, le bain, la question de la tonte, les soins complémentaires, et ce qui justifie de passer par un toiletteur professionnel.

Le type de poil commande tout

Avant toute chose, il faut savoir à quel pelage on a affaire. Quatre grandes familles se partagent les races de chien.

  • Poil court (labrador, boxer, beagle) : entretien minimal, un brossage hebdomadaire suffit à retirer les poils morts.
  • Poil long (colley, épagneul, shih tzu) : brossage quotidien ou tous les deux jours, sous peine de nœuds qui deviennent impossibles à démêler.
  • Poil dur (fox-terrier, schnauzer, griffon) : ces races demandent une épilation, ou stripping, deux à trois fois par an. Le poil mort est retiré à la main ou au couteau, ce qui préserve la texture et la couleur.
  • Poil frisé (caniche, bichon, bouledogue frisé) : ces chiens ne perdent pas leurs poils, qui poussent en continu et s'emmêlent. Ils demandent une coupe régulière, toutes les six à huit semaines.

Un chien à double pelage mérite une mention à part : husky, berger allemand, spitz, bouvier. Ils portent un poil de couverture et un sous-poil dense, et perdent ce dernier deux fois par an lors de mues spectaculaires. Notre guide des races de chiens permet de situer chaque chien dans ces catégories.

Le brossage

C'est le geste le plus important, et le seul qui soit vraiment quotidien pour certaines races.

Brossez toujours à sec et avant le bain, jamais l'inverse. Un nœud mouillé se resserre et devient très difficile à défaire ; beaucoup de propriétaires transforment ainsi un pelage un peu emmêlé en fourrure feutrée qu'il faudra tondre.

Procédez par sections, en partant des extrémités vers la racine, et non l'inverse. Sur un nœud, tenez la base du poil entre deux doigts pour ne pas tirer sur la peau, et travaillez avec les doigts ou un démêloir avant de reprendre la brosse.

Le choix de l'outil compte : une brosse à picots pour le poil long, une carde pour le sous-poil, un gant de caoutchouc ou une brosse douce pour le poil court, un peigne métallique pour finir.

Les zones de frottement sont celles qui s'emmêlent en premier : derrière les oreilles, sous les aisselles, à l'arrière des cuisses et sous le collier. Ce sont elles qu'il faut vérifier en priorité, y compris sur un chien dont le dos paraît impeccable.

Le bain

Contrairement à une idée répandue, un chien ne se lave pas souvent. Une fois par mois est un maximum pour la plupart des races, et certains chiens n'ont besoin que de deux ou trois bains par an.

La raison est physiologique : le lavage retire le film lipidique qui protège la peau. Un chien lavé trop souvent développe des démangeaisons, des pellicules, et parfois une peau grasse par surproduction compensatoire.

Le shampooing pour chien est indispensable. Le pH de la peau canine est proche de la neutralité, celui de la peau humaine nettement plus acide. Un shampooing humain, même doux, même pour bébé, agresse durablement l'épiderme du chien.

Pour le bain lui-même : eau tiède et non chaude, mouillage progressif en évitant la tête, savonnage, rinçage abondant et prolongé, puis séchage complet. Un chien à poil dense mal séché garde de l'humidité à la racine, ce qui provoque irritations et mauvaises odeurs. Une serviette absorbante suffit pour un poil court ; un séchoir à air tiède est nécessaire au-delà.

La tonte, et l'erreur à ne pas commettre

La tonte convient au poil frisé et au poil long, qui poussent en continu et se coupent sans dommage.

Elle est en revanche à proscrire sur les chiens à double pelage. C'est l'erreur la plus répandue, faite avec les meilleures intentions à l'approche de l'été. Le sous-poil ne sert pas seulement à tenir chaud : il isole dans les deux sens, et le poil de couverture protège du soleil et des parasites. Un husky ou un berger tondu supporte donc moins bien la chaleur, et risque un coup de soleil.

Pire, la repousse est souvent définitivement altérée : le sous-poil, qui pousse plus vite, prend le dessus et le poil de couverture ne revient pas de la même façon. La texture et l'imperméabilité du pelage sont perdues.

Pour aider ces chiens en été, la bonne réponse est le brossage intensif pendant la mue, qui retire le sous-poil mort et laisse l'air circuler, associé à de l'ombre et de l'eau fraîche. Nos conseils sur la promenade du chien abordent aussi la gestion des sorties par forte chaleur.

Les autres soins

Les griffes. Elles se coupent quand on les entend claquer sur le carrelage, soit toutes les quatre à huit semaines selon l'usure naturelle. Coupez peu et souvent : la griffe contient une pulpe vascularisée et innervée qu'il ne faut pas atteindre. Sur une griffe claire, elle est visible par transparence ; sur une griffe noire, procédez par petits coups successifs.

Les oreilles. Un nettoyage mensuel à la lotion auriculaire suffit, davantage pour les races à oreilles tombantes, dont le conduit est mal ventilé. N'introduisez jamais de coton-tige.

Les yeux. Un essuyage doux à la compresse humide retire les sécrétions, en allant du coin interne vers l'extérieur, et avec une compresse différente pour chaque œil.

Les dents. Le brossage est le seul geste réellement efficace contre le tartre. Une odeur forte, un saignement ou une gêne à la mastication relèvent en revanche du vétérinaire, pas du toilettage.

Faire appel à un toiletteur

Certaines opérations justifient un professionnel : la coupe des races à poil frisé, l'épilation des poils durs, le démêlage d'un pelage très emmêlé, et le premier toilettage d'un chiot, qui conditionne son rapport à l'exercice pour la vie.

Comptez généralement entre 30 et 80 euros selon la taille du chien, la nature du pelage et les prestations. Un forfait complet comprend bain, séchage, coupe, griffes et oreilles.

Un bon toiletteur pose des questions avant de commencer, manipule l'animal calmement, respecte les règles d'hygiène et accepte qu'on assiste à la première séance. Méfiez-vous d'un salon qui propose de tondre un chien à double pelage sans avertissement : c'est le signe d'une méconnaissance du sujet.

Habituez le chiot tôt, dès trois ou quatre mois, par des séances courtes et positives. Un chien qui découvre la table de toilettage à cinq ans vivra très mal l'expérience, et c'est le même principe que pour l'éducation du chien : ce qui est appris jeune s'accepte sans difficulté.

Le matériel à la maison

Un équipement minimal permet d'assurer l'entretien courant entre deux passages chez le professionnel, et il s'amortit vite.

  • Une brosse adaptée au pelage : picots à embout pour le poil long, carde pour le sous-poil, gant ou brosse en caoutchouc pour le poil court. Une seule brosse universelle n'existe pas.
  • Un peigne métallique à dents espacées d'un côté, serrées de l'autre. C'est l'outil qui révèle les nœuds qu'une brosse a contournés.
  • Un coupe-griffes de type ciseau ou guillotine, à la taille de l'animal, et de la poudre hémostatique en cas de coupe trop courte.
  • Un shampooing pour chien, adapté au pelage et éventuellement à une peau sensible.
  • Une lotion auriculaire et des compresses non tissées.
  • Une serviette en microfibre, bien plus absorbante qu'une serviette de bain classique.

La tondeuse est facultative et demande de la pratique. Une tondeuse mal utilisée chauffe, tire le poil et peut blesser ; si l'on tient à couper soi-même, mieux vaut commencer par des ciseaux à bouts ronds sur les zones simples, autour des yeux et des coussinets.

Le toilettage, moment d'observation

C'est l'aspect le plus sous-estimé de cette routine : en passant les mains sur tout le corps de l'animal chaque semaine, on repère des choses qu'on ne verrait pas autrement.

Les parasites externes. Puces et tiques se logent dans les zones peu accessibles, à la base de la queue, derrière les oreilles, entre les coussinets. Le peigne fin les révèle, ainsi que les déjections de puces, petits points noirs qui rougissent au contact d'un coton humide.

Les masses et les gonflements. Une boule sous la peau, un ganglion, un durcissement passent inaperçus visuellement sur un chien poilu. La main les trouve. Toute masse nouvelle justifie une visite de contrôle.

Les plaies et les irritations. Rougeurs, croûtes, zones dépilées, coussinets fendillés : autant de signes qui apparaissent d'abord au toucher, souvent avant que l'animal ne manifeste une gêne.

Les épillets, en été. Ces épis de graminées s'accrochent au pelage puis migrent sous la peau, dans les oreilles ou entre les doigts, où ils provoquent des abcès. Un brossage systématique après chaque promenade en herbe haute reste la meilleure prévention.

Cette attention régulière fait partie du suivi de santé au même titre que l'alimentation et les visites de contrôle. Un chien manipulé chaque semaine se laisse aussi bien plus facilement examiner par un professionnel, ce qui rend chaque consultation plus utile et moins stressante.

Adapter le toilettage à l'âge et à la saison

Les besoins d'un chien ne sont pas les mêmes à six mois, à six ans et à douze ans, ni en janvier et en juillet.

Le chiot doit être habitué progressivement, par des séances de quelques minutes où on le touche partout sans rien lui faire subir : pattes, oreilles, babines, queue. Le premier vrai toilettage viendra ensuite sans difficulté. Un chiot qui découvre la table à un an garde souvent une appréhension durable.

Le chien âgé supporte mal les séances longues et la station debout prolongée. Fractionnez, travaillez au sol plutôt que sur une table, et surveillez les articulations. Sa peau est aussi plus fine et plus sèche, ce qui espace encore les bains.

Au printemps et à l'automne, les mues doublent le temps de brossage pour les races à sous-poil. C'est la période où un passage chez le toiletteur pour un démêlage complet fait la plus grande différence, et où le brossage quotidien devient la règle même pour les chiens à poil court.

En hiver, le sel de déneigement irrite les coussinets : un rinçage à l'eau tiède après chaque sortie urbaine suffit à l'éviter. En été, ce sont le sable, le sel de mer et le chlore qu'il faut rincer, tous trois desséchants pour la peau et le pelage.

Un dernier point vaut pour toute l'année : le toilettage se pratique sur un animal calme. Une séance après une longue promenade donne toujours de meilleurs résultats qu'une séance sur un chien plein d'énergie, et c'est encore plus vrai pour un premier essai à la maison.

Choisir un salon de toilettage

Le métier n'est pas réglementé de la même façon partout, et la qualité varie beaucoup d'un salon de toilettage à l'autre. Quelques critères aident à choisir.

  • La formation : un certificat professionnel de toiletteur canin garantit une connaissance des types de pelage et des gestes d'hygiène.
  • Les conditions d'attente : demandez où patiente l'animal entre le bain et la coupe. Une cage exiguë pendant trois heures n'a rien d'anodin pour un chien anxieux.
  • Le temps consacré : un toilettage complet demande une à deux heures selon la taille. Un service expédié en trente minutes se voit sur le résultat.
  • Le devis : les prix varient selon la taille, le pelage et l'état de l'animal. Un tarif annoncé à l'avance évite les mauvaises surprises, un pelage très emmêlé demandant un travail supplémentaire facturé en conséquence.
  • Le confort de l'animal : un professionnel qui prend le temps de rassurer le chien avant de commencer obtiendra toujours un meilleur résultat qu'un salon pressé.

Certains toiletteurs proposent un service à domicile, en camion aménagé. La formule coûte plus cher mais évite le transport et l'attente, ce qui convient particulièrement aux animaux âgés ou craintifs, comme à ceux qui supportent mal la voiture. C'est un point qui rejoint nos conseils pour voyager avec son chien.

Le toilettage du chat existe aussi, sur le même principe, mais les besoins diffèrent nettement : la plupart des chats s'entretiennent seuls et n'ont besoin d'aide qu'en cas de poil long ou d'âge avancé.

Questions fréquentes

À quelle fréquence toiletter son chien ? Selon le poil : brossage hebdomadaire pour un poil court, quotidien pour un poil long, coupe toutes les six à huit semaines pour un poil frisé, épilation deux à trois fois par an pour un poil dur.

Peut-on tondre un chien en été ? Pas s'il a un double pelage, comme le husky ou le berger allemand. Le sous-poil isole aussi de la chaleur et la repousse est souvent altérée. Préférez un brossage intensif.

À quelle fréquence laver son chien ? Une fois par mois au maximum pour la plupart des races. Un lavage trop fréquent retire le film lipidique protecteur de la peau.

Peut-on utiliser un shampooing humain ? Non. Le pH de la peau du chien est proche de la neutralité, celui de la peau humaine plus acide. Même un shampooing pour bébé agresse l'épiderme canin.

Combien coûte un toilettage chez un professionnel ? Généralement entre 30 et 80 euros selon la taille du chien et la nature du pelage, pour un forfait comprenant bain, séchage, coupe, griffes et oreilles.

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